Depuis le 28 février 2026, un conflit armé oppose les États-Unis et Israël à l’Iran. En quelques jours, les marchés financiers ont plongé : le CAC 40 a perdu 3,46 % en une seule journée le 3 mars, soit plus de 5 % en deux jours. Le pétrole a bondi de 13 %, et le détroit d’Ormuz — par lequel transite 20 % du pétrole mondial — est de facto fermé.

Si vous avez un PEA, un compte-titres ou des ETF, vous avez probablement vu vos placements passer dans le rouge. Pas de panique : cet article vous explique ce qui se passe et surtout comment réagir.


Que se passe-t-il au Moyen-Orient ?

Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël ont lancé une opération militaire conjointe contre l’Iran. Les frappes aériennes se poursuivent depuis plusieurs jours.

La conséquence la plus immédiate pour l’économie mondiale : le détroit d’Ormuz est bloqué. Ce passage maritime stratégique, situé entre l’Iran et Oman, voit transiter chaque jour environ 20 millions de barils de pétrole. Le trafic y a chuté de 90 %. Les plus grands armateurs mondiaux (MSC, Maersk) ont suspendu leurs passages.

En clair : une partie significative de l’approvisionnement mondial en pétrole est coupée. Et quand le pétrole manque, les prix montent — et les marchés s’affolent.

Pourquoi les marchés financiers chutent

Les marchés détestent l’incertitude. Et une guerre au Moyen-Orient impliquant les États-Unis, c’est le scénario d’incertitude maximale.

Voici ce qui s’est passé en quelques jours :

IndicateurVariation
CAC 40 (France)-3,46 % en 1 jour, -5 % en 2 jours
DAX (Allemagne)-3,44 %
FTSE 100 (Royaume-Uni)-2,75 %
Pétrole+13 % à l’ouverture le 2 mars

Pourquoi une telle réaction ? Quand le pétrole flambe, l’inflation menace de revenir. Les entreprises voient leurs coûts augmenter. Les consommateurs dépensent moins. Et les investisseurs, par précaution, vendent leurs actifs risqués (actions) pour se réfugier vers des valeurs plus sûres (or, obligations, dollar).

Pétrole, inflation : l’effet domino sur votre quotidien

La flambée du pétrole ne reste pas cantonnée aux marchés financiers. Elle touche l’économie réelle :

  • Carburant : les prix à la pompe risquent d’augmenter dans les semaines à venir
  • Énergie : le gaz et l’électricité pourraient suivre la hausse du pétrole
  • Inflation : si les prix de l’énergie restent élevés, l’inflation pourrait repartir à la hausse
  • Banques centrales : la BCE pourrait devoir ajuster sa politique monétaire

Pour l’instant, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a déclaré qu’il n’y avait aucune raison de relever les taux directeurs. Mais la situation évolue vite.

Faut-il vendre ses ETF ou ses actions ?

Non. C’est la réponse courte. Et voici pourquoi.

Quand les marchés baissent, votre premier réflexe est de vouloir « couper les pertes ». C’est humain, mais c’est presque toujours une erreur :

  • Une perte n’est réelle que si vous vendez. Tant que vous gardez vos positions, la baisse reste « sur le papier ».
  • Les marchés se sont toujours remis des crises. La crise de 2008 (-57 %) a été récupérée en 4 ans. Le krach COVID 2020 (-34 %) en 6 mois.
  • Vendre au creux, c’est rater le rebond. Les meilleures journées boursières suivent souvent les pires.

⚠️ Si vous investissez avec un horizon de 5, 10 ou 20 ans, une baisse de quelques jours ne change rien à votre stratégie. Ne prenez pas de décision sous le coup de l’émotion.

Pour aller plus loin sur ce sujet, consultez notre guide complet : Bourse en baisse : que faire quand les marchés chutent ?

3 réflexes à avoir quand la bourse baisse

1. Ne touchez à rien

Si votre portefeuille est diversifié (par exemple avec un ETF monde), la meilleure stratégie est souvent de ne rien faire. L’histoire montre que les investisseurs qui restent investis performent mieux que ceux qui essaient de « timer » le marché.

2. Continuez votre DCA

Si vous investissez régulièrement (stratégie DCA), continuez normalement. Quand les marchés baissent, vous achetez plus de parts pour le même montant. C’est mécaniquement avantageux sur le long terme.

💡 Exemple : vous investissez 100 €/mois dans un ETF MSCI World. Si la part valait 50 € en février et vaut 45 € aujourd’hui, vous achetez 2,2 parts au lieu de 2. La baisse joue en votre faveur.

Découvrez cette stratégie en détail : La stratégie DCA expliquée aux débutants

3. Vérifiez votre épargne de précaution

Si une baisse de 3-5 % vous empêche de dormir, c’est peut-être que votre exposition aux marchés est trop élevée par rapport à votre tolérance au risque. Assurez-vous d’avoir 3 à 6 mois de dépenses sur un livret sécurisé avant d’investir en bourse.

FAQ

Est-ce que la bourse va continuer à baisser ?

Personne ne peut le prédire. La durée de la baisse dépendra de l’évolution du conflit. Ce qui est certain, c’est que les marchés finissent toujours par se redresser — la question est quand, pas si.

Mon PEA est dans le rouge, est-ce grave ?

Non, si votre horizon est long terme (5 ans minimum). Le PEA est conçu pour l’investissement de long terme. Les fluctuations à court terme font partie du jeu. Ne vendez pas dans la panique.

Faut-il acheter maintenant que les prix sont bas ?

Les baisses de marché peuvent être des opportunités, mais personne ne sait si le point bas est atteint. C’est pourquoi le DCA (investissement régulier) est plus adapté que d’essayer de « timer » le marché.

La guerre va-t-elle provoquer une récession ?

C’est trop tôt pour le dire. Tout dépendra de la durée du conflit et de l’évolution des prix de l’énergie. Pour l’instant, les fondamentaux économiques européens restent corrects.


Ce qu’il faut retenir

La guerre au Moyen-Orient secoue les marchés, mais ce n’est pas la première crise — et ce ne sera pas la dernière. L’essentiel pour un investisseur débutant : ne pas paniquer, garder le cap, et penser long terme.

Votre meilleur allié dans ces moments-là, c’est la patience. Et si vous n’avez pas encore de stratégie d’investissement claire, c’est le bon moment pour en construire une : Comment investir en bourse quand on débute.